Paris, Delhi et Charcuterie
13 sept
Et ouai les amis! Moi j’suis Bobo…
Apres m’être vulgairement mélangé à la populace d’une expo Monet blindée de bouseux je me suis dis stop… Ras le cul de la clientèle Jardiland… J’paye pas un loyer de 1 000 euros pour me taper des bouilleurs de cru. Haro sur l’impressionisme! L’art moderne c’est moins accessible et typiquement parisien… donc a priori y’aura moins de cons. C’est sur cette logique désarmante (et soit dit en passant implacable) que j’ai convaincu Bobonne de m’accompagner au Centre Pompidou.
Bobo et Bobonne cheminent donc à Ze place to be : l’expo
Paris-Delhi-Bombay
On disait l’art moderne moins accessible. Certes… Surtout quand tu commences par 3/4 d’heure de queue avec tout le marché des Enfants Rouges bobo-stylisé a mort. Silence bourgeois et ambiance bohème… Le temps est au receuillement car la visite est communion. Quelques « Tu voieeuh » (avec ce style guttural typique du 3ème arrondissement qui fait genre j’te cause dans un tube) s’échappent discrètement de la foule. Y’a pas photo! on est dans la place…
File d’attente. Des sourires narquois et autres regards malicieux me plongent pourtant dans un état de profond désarroi… Avais-je un bouton sur le nez? Etait-ce le sac Tati de Bobonne? Mes lunettes étaient assorties aux glands des mocassins… mais les socquettes blanches étaient « so 2008 » que je crains moi-même d’etre passé pour un gland. Passons.
De l’expo je n’ai rien compris. D’ailleurs je ne comprends rien à l’art moderne. Je me suis toujours demandé quel était le sens artistique d’une vidéo où il ne se passe rien ou la signification profonde d’une boite à merde. Ma volonté de compréhension est certes nulle mais les vrais bobos matent ces trucs à s’y tripoter le menton même sans rien comprendre! Ces guignols pourraient rester plantés deux heures en baillant devant une vidéo de ciel malien qu’ils le feraient juste pour la beauté du geste! Et bien moi ça m’emmerde… Et d’un coup d’un seul je me retrouve à la place du bouilleur de cru qui – dans une critique de charcutier – ne trouve rien d’autre à dire que cette expo pue l’andouillette.
De la charcuterie à Roissy il n’y a qu’un pas… et le spectacle vivant est parait-il plus ludique que l’univers ouatée des sales d’expositions. C’est sur cet argument désarmant (et soit dit en passant implacable) que dès la sortie de l’expo j’ai convaincu Bobonne de m’accompagner en Inde. Un bien beau voyage.
Aujourd’hui on est rentré avec plein de belles choses dans les mirettes. Et mon avenir bobo s’efface en pointillé…
Que faire pour mon nouveau style? Déjà ne plus aller au marché des Enfants Rouges ; puis détaler du 3eme arrondissement comme une zone irradiée par Fukushima pour 1000 ans. Apres je voudrais bien redevenir grunge mais mon petit frère m’a dit que Kurt Kobain est mort quand il était petit (j’ai mis deux semaines à m’en remettre… plus une autre quand j’ai appris une c’était un suicide)… Alors comme j’ai pas de style à moi je me dis : composition… Je vais devenir Hipster… déménager à Saint Gervais et virer charcutier pour tailler l’andouillette en parlant art moderne aux petits vieux du quartier. Une belle reconversion en mode bouilleur de cru.
Merci au centre Pompidou…





